À moyen terme, cela pourrait conduire à un doublement du nombre de convois ferroviaires circulant entre Lévis et Montréal-Est, ce qui provoquerait un accroissement du trafic sur des voies ferrées déjà très sollicitées, sans compter les inconvénients accrus pour les populations vivant dans des régions densément peuplées. Pour ce qui est du transport par navires, l'achalandage aux quais, tant à Lévis qu'à Montréal, entrainerait des contraintes logistiques majeures, et cela indépendamment du fait que la navigation d'hiver, à l'occasion fort difficile, pourrait entrainer des problèmes d'approvisionnement dans la région métropolitaine.
C'est pourquoi Ultramar a entrepris le projet de construire un pipeline entre sa raffinerie de Lévis et son centre de distribution de Montréal-Est. Le pipeline, connu sous le nom de Pipeline Saint-Laurent, sera d'une longueur d'environ 240 kilomètres et constituera un moyen de transport complémentaire qui, tout en alliant sécurité, fiabilité et respect de l'environnement, permettra de réduire le recours aux modes de transport actuels.
Le pipeline assurera un approvisionnement en continu et augmentera ainsi l'efficacité du terminal de Montréal-Est, principal point de distribution des produits d'Ultramar pour la région métropolitaine, l'ouest du Québec, l'Ontario et le Nord-Est américain. Le futur pipeline représente un élément stratégique de première importance dans le contexte où la raffinerie Jean-Gaulin est un important fournisseur de produits pétroliers raffinés dans ces régions.
Depuis qu'elle a fait connaître au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, en février 2005, son intention de construire ce pipeline, Ultramar a franchi de nombreuses étapes conduisant à la réalisation finale de son projet.
Ainsi, elle a choisi entre divers corridors celui qui présentait le moins d'impacts sur les populations et l'environnement, en s'appuyant, notamment, sur une rigoureuse étude d'impact. Elle a largement et constamment consulté et informé les diverses parties en cause, soit les populations vivant sur les territoires visés par le projet, les propriétaires directement concernés, les autorités politiques et administratives municipales, régionales, provinciale et fédérale, les divers corps constituées, les associations professionnelles et sectorielles, ainsi que divers groupes écologistes. Son projet a également été soumis au processus du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement et a fait l'objet d'une demande à la Commission de protection du territoire agricole du Québec.
L'ensemble de ces démarches a permis de retenir au final un tracé optimal pour le futur pipeline, tracé qui longera principalement l'emprise des lignes à haute-tension d'Hydro-Québec.
Une fois obtenus tous les permis nécessaires, la construction du pipeline pourra s'amorcer, mais seulement après qu'Ultramar aura négocié des ententes, qu'elle souhaite de gré à gré, pour les droits de passage avec chacun des propriétaires terriens le long du tracé retenu.